CEDEAO : Guy Marius Sagna interpelle les États et met en garde sur la fragilité sécuritaire du Sahel

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SENTV : Le député sénégalais Guy Marius Sagna s’est illustré cette semaine lors des travaux du Parlement de la CEDEAO à travers plusieurs interventions marquées par un ton offensif et des mises en garde sur les défis sécuritaires, énergétiques et diplomatiques auxquels fait face l’Afrique de l’Ouest.

Connu pour ses prises de position critiques sur les questions de gouvernance et de souveraineté, le parlementaire a multiplié les interpellations devant ses homologues ouest-africains, dénonçant ce qu’il considère comme des insuffisances dans la gestion des crises régionales.

Crise énergétique : Guy Marius Sagna réclame des explications

Au cours des débats consacrés aux questions énergétiques, le député sénégalais a interpellé la délégation ivoirienne sur les perturbations récurrentes enregistrées dans le secteur de l’électricité ces dernières années.

Évoquant les difficultés observées en 2021, 2024 et en 2026, il a plaidé pour davantage de transparence dans la gestion des infrastructures énergétiques au sein de l’espace communautaire.

Selon lui, les pénuries et coupures d’électricité dépassent le cadre technique et traduisent des fragilités structurelles dans la politique énergétique régionale.

Le parlementaire a notamment insisté sur la nécessité pour les États de renforcer leur souveraineté énergétique et de développer des mécanismes communautaires capables d’anticiper les crises.

« Si le Mali brûle, nous brûlerons tous »

Mais c’est sur la situation sécuritaire au Sahel que l’élu sénégalais a livré son message le plus marquant.

Face aux violences persistantes au Mali et à la progression des groupes armés dans certaines zones sahéliennes, Guy Marius Sagna a dénoncé ce qu’il qualifie « d’indifférence relative » de certains États face à la dégradation de la situation sécuritaire.

« La stabilité de la Côte d’Ivoire, de la Guinée ou du Sénégal dépend de celle du Mali », a-t-il déclaré devant les parlementaires de la CEDEAO.

Avant d’ajouter : « Si le Mali brûle, nous brûlerons tous », estimant que l’instabilité dans un pays membre représente une menace pour l’ensemble de la sous-région.

Le député a également souligné que les frontières héritées de la colonisation ne constituent plus une protection efficace contre les menaces transnationales, notamment le terrorisme et les trafics criminels.

Appel à l’unité contre la xénophobie

Guy Marius Sagna a par ailleurs exprimé son soutien à l’initiative du Ghana dénonçant les violences xénophobes visant des ressortissants africains en Afrique du Sud.

Il a appelé les États ouest-africains à adopter une position commune face à ces actes, rappelant le rôle historique joué par plusieurs pays de la sous-région dans la lutte contre le régime de l’Apartheid.

Pour le parlementaire sénégalais, les citoyens ouest-africains doivent aujourd’hui bénéficier de protection et de respect partout sur le continent.

À travers ses différentes interventions, Guy Marius Sagna a replacé au cœur des débats les enjeux de solidarité régionale, de sécurité collective et de gouvernance communautaire.

Ses déclarations ont suscité de nombreuses réactions dans les milieux politiques et parlementaires, certains saluant un discours engagé en faveur d’une CEDEAO plus solidaire et plus proactive face aux crises qui secouent l’espace ouest-africain.

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