Hivernage 2026 au Sénégal : l’Anacim alerte sur un déficit pluviométrique et un début de saison tardif

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SENTV : L’hivernage 2026 pourrait être marqué par une pluviométrie inférieure à la normale sur une grande partie du territoire sénégalais. C’est l’alerte lancée par l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim) lors de l’atelier de présentation des prévisions saisonnières des précipitations tenu mercredi à Dakar.

Selon les projections dévoilées par les experts météorologues, la première phase de la saison des pluies, couvrant notamment les périodes mai-juin-juillet et juin-juillet-août, devrait enregistrer des déficits pluviométriques importants, particulièrement dans les zones centre, est et sud du Sénégal.

Agrométéorologue à l’Anacim, Asse Mbengue a expliqué que cette tendance est étroitement liée aux anomalies observées au niveau des températures de surface des océans Atlantique et du golfe de Guinée.

« Les précipitations au Sahel sont fortement influencées par les conditions thermiques océaniques », a-t-il indiqué, précisant que le réchauffement persistant du golfe de Guinée et le déséquilibre thermique entre l’Atlantique sud et nord limitent la remontée des flux de mousson vers le Sénégal.

Les spécialistes annoncent ainsi un démarrage tardif de l’hivernage, accompagné d’un risque élevé de longues séquences sèches durant les premières semaines de la campagne agricole.

Une situation qui pourrait avoir des conséquences directes sur les activités agricoles, notamment à travers des « faux départs » de semis en cas d’installation précoce et irrégulière des pluies.

Une amélioration attendue à partir d’août

Malgré ces perspectives peu favorables en début de saison, l’Anacim évoque une possible amélioration des conditions pluviométriques à partir du mois d’août.

Les prévisionnistes estiment qu’une évolution des conditions océaniques pourrait favoriser une reprise progressive des précipitations dans certaines localités. Toutefois, la saison devrait rester globalement déficitaire avec une forte variabilité selon les régions et les périodes.

Sur le volet hydrologique, Pape Waly Diédhiou, représentant de la Direction de la gestion et de la planification des ressources en eau (Dgpre), a indiqué que les écoulements des bassins du fleuve Sénégal et de la Gambie devraient demeurer relativement proches des normales saisonnières, malgré les déficits attendus en début d’hivernage.

Les autorités météorologiques insistent néanmoins sur l’importance de l’anticipation et de l’adaptation face aux changements climatiques.

Le directeur de la météorologie de l’Anacim, Oumar Konté, a appelé les producteurs et les acteurs du monde rural à ajuster leurs stratégies agricoles afin de limiter les impacts d’une saison irrégulière.

« Il ne faut pas subir la saison, mais l’anticiper », a-t-il déclaré, rappelant que les prévisions seront régulièrement actualisées à travers des bulletins mensuels, hebdomadaires et quotidiens pour assurer un suivi rapproché de l’évolution climatique.

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