Faux documents administratifs : un ancien agent des Impôts au cœur d’un réseau qui aurait détourné des milliards FCFA
SENTV : Une vaste affaire de falsification de documents administratifs secoue plusieurs services publics sénégalais. Les éléments du commissariat de Grand-Yoff ont mis au jour, dans le quartier de Médina, un réseau structuré de fabrication de faux documents officiels qui aurait causé un important manque à gagner au Trésor public.
Selon des informations révélées par le quotidien Libération dans sa parution de ce samedi 9 mai 2026, le principal suspect est un ancien agent contractuel de la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID), identifié sous les initiales Y. Diouf, âgé de 52 ans. Employé entre 2004 et 2017, il aurait exploité sa parfaite connaissance des circuits administratifs pour mettre en place un véritable « laboratoire du faux » avec la complicité présumée d’un informaticien.
D’après les premiers éléments de l’enquête, le réseau fabriquait des documents contrefaits attribués à plusieurs institutions publiques stratégiques, notamment l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), la DGID, l’Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal (IPRES), la Caisse de Sécurité Sociale ainsi que l’Inspection du Travail.
Ces faux documents administratifs — certificats fiscaux, attestations sociales ou pièces de conformité — étaient vendus à des entreprises pour des montants variant entre 70 000 et 300 000 francs CFA. Ils auraient permis à plusieurs fournisseurs de soumissionner frauduleusement à des marchés publics de fournitures.
L’exploitation des téléphones portables et du matériel informatique saisis lors des perquisitions a permis aux enquêteurs d’identifier au moins 114 fournisseurs soupçonnés d’avoir bénéficié de ces faux documents.
Les administrations concernées ont confirmé la falsification des pièces découvertes par les enquêteurs. Les investigations ont notamment révélé l’utilisation illégale de timbres administratifs, d’en-têtes officiels et de cachets imitant ceux des structures publiques visées.
Plusieurs plaintes ont déjà été déposées auprès des autorités judiciaires, notamment par les services fiscaux de Guédiawaye, des Parcelles Assainies et de Ngor/Almadies, ainsi que par l’Inspection régionale du Travail et de la Sécurité sociale.
Les enquêteurs cherchent désormais à mesurer l’étendue exacte du préjudice financier subi par l’État et à identifier l’ensemble des entreprises et intermédiaires impliqués dans ce système de fraude présumé qui aurait fonctionné pendant près d’une décennie.