Tabaski 2026 : l’État mise sur la production locale pour réduire la dépendance aux importations de moutons

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SENTV : Le gouvernement sénégalais entend opérer un tournant stratégique dans l’organisation de l’approvisionnement en moutons à l’occasion de la fête de la Tabaski. L’objectif affiché est clair : réduire significativement la dépendance aux importations et renforcer la production nationale.

Réuni en conseil interministériel consacré à la préparation de l’édition à venir de la fête, le secrétaire général du gouvernement, Boubacar Camara, a insisté sur la nécessité d’une transformation en profondeur du système actuel.

« Les véritables préoccupations qui ont été soulevées montrent qu’il faut une grande réforme et des mesures radicales pour changer l’écosystème de la Tabaski », a-t-il déclaré à l’issue de la rencontre tenue à Dakar.

Un modèle jugé encore trop dépendant des importations

Selon le responsable gouvernemental, les améliorations enregistrées ces dernières années demeurent insuffisantes face aux défis structurels du secteur de l’élevage. L’État ambitionne désormais de passer à une logique d’autosuffisance en matière de production ovine.

Boubacar Camara a rappelé que le gouvernement ne vise pas seulement une amélioration marginale du dispositif, mais une transformation profonde du modèle économique lié à la Tabaski.

Sécurisation du bétail et traçabilité au cœur des priorités

Parmi les axes prioritaires évoqués figurent la sécurisation du cheptel et la lutte contre le vol de bétail. Les autorités envisagent la mise en place d’un groupe de travail chargé d’étudier des systèmes de traçabilité déjà utilisés dans d’autres pays, notamment le suivi électronique des animaux.

L’objectif est de moderniser la gestion du bétail et de renforcer la transparence dans la chaîne d’approvisionnement.

Réorientation du financement et soutien à la production locale

Le gouvernement souhaite également revoir en profondeur le système de financement du secteur, en orientant davantage les ressources vers la production locale plutôt que vers la commercialisation liée aux importations.

Les autorités estiment que le Sénégal dispose de ressources suffisantes pour développer un élevage capable de couvrir la demande nationale, notamment en période de forte consommation comme la Tabaski.

Le plan envisagé inclut aussi la mise en place d’un schéma intégré couvrant la production, la commercialisation, la conservation et l’alimentation du bétail. L’amélioration des coûts de production et la disponibilité des aliments pour animaux figurent parmi les enjeux majeurs.

Le gouvernement prévoit par ailleurs de mieux structurer les espaces de vente, avec des sites permanents, sécurisés et aménagés en collaboration avec les collectivités territoriales et le secteur privé.

Une vision économique élargie autour de la Tabaski

Au-delà de l’approvisionnement en moutons, les autorités entendent mieux valoriser les activités économiques associées à la fête, notamment l’artisanat, les cuirs et peaux ainsi que les produits locaux.

Le secrétaire général du gouvernement a enfin souligné l’importance de l’inclusion économique des femmes actives dans le secteur des petits ruminants, saluant leur rôle dans la dynamique de financement et de remboursement.

« Si nous avons un plan structuré sur ces différents points, dans deux ans les choses vont évoluer », a-t-il assuré, appelant à une accélération de la transformation du secteur de l’élevage au Sénégal.

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