Révision constitutionnelle : l’Assemblée adopte le texte de Pastef et écarte les amendements proposés par le président Diomaye
SENTV : L’Assemblée nationale a adopté, ce lundi, la proposition de loi portant révision de la Constitution à l’issue d’une séance plénière particulièrement mouvementée. Le texte a été approuvé par 129 députés, correspondant à l’ensemble des suffrages exprimés par les parlementaires de la majorité de Pastef, sur les 165 sièges que compte l’hémicycle.
Cette adoption est intervenue dans un contexte de fortes tensions politiques et parlementaires, marqué notamment par le départ de plusieurs élus de l’opposition avant le vote final. Les députés du groupe Takku Wallu Sénégal ainsi que les non-inscrits ont quitté la salle des délibérations après l’incident ayant opposé le député Abdou Mbow aux forces de sécurité déployées au sein de l’Assemblée nationale.
Au cœur des débats figuraient les observations formulées par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et portées devant les députés par le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Me Moussa Sarr. Le gouvernement défendait deux amendements jugés essentiels pour préserver certains équilibres institutionnels de la future architecture constitutionnelle.
Le premier amendement visait à maintenir la possibilité pour le chef de l’État d’exercer simultanément des responsabilités au sein de sa formation politique. Le second cherchait à préciser certaines dispositions relatives aux compétences de la future Cour constitutionnelle afin d’éviter d’éventuelles incidences sur l’équilibre institutionnel et les charges budgétaires de l’État.
Malgré le plaidoyer du ministre de la Justice, les propositions de l’exécutif n’ont pas convaincu la majorité parlementaire. Déjà rejetés en Commission des lois quelques heures auparavant, les amendements ont de nouveau été écartés en séance plénière par les députés de Pastef, qui ont choisi de maintenir intégralement la version initiale du texte.
Ce vote met en lumière l’affirmation du pouvoir législatif au sein de la majorité et illustre une séquence politique inédite, où les députés du camp présidentiel ont préféré privilégier la ligne défendue par leur groupe parlementaire plutôt que les ajustements proposés par l’exécutif.
Avec cette adoption, la réforme constitutionnelle franchit une étape majeure dans le processus de refonte institutionnelle engagé par les nouvelles autorités sénégalaises, même si les débats autour de certaines dispositions sensibles devraient continuer d’alimenter la scène politique dans les prochaines semaines.